2013 / April 2013 / Efemérides / Français

Joyeux anniversaire, Baudelaire.

Baudelaire

Le poète Charles Baudelaire.

Moi, je dis que je n’aime pas la poésie. Ce n’est pas faux du tout : je préfère les romans ou le théâtre. Lire de la poésie, ce n’est pas pour moi. Ah, mais si on la lit à haut voix, ça c’est différent.

Donc, aujourd’hui c’est l’anniversaire de Baudelaire. Jusqu’à l’année dernière, je n’avais rien lu de lui. Bien sûr, je connaissais ces ouvrages et son histoire, mais j’avais jamais eu envie de lire sa poésie. Mais ah, l’année dernière. Au Master en Littérature Comparée et Traduction Littéraire on a tant parlé de Baudelaire… et un de mes projets versait sur César Moro, qui adorait Baudelaire et qui, en fait, avait écrit un poème dédié à lui. Donc, j’ai lu des poèmes de Baudelaire.

Et voilà mon petit hommage à ce poète qui m’a rappelé mon amour pour le français et qui m’a réconcilié un petit peu avec la poésie : en premier lieu, le petit poème de César Moro, ‘Baudelaire’, où il joue avec les sons et les mots en français, ce qui est plutôt admirable pour quelqu’un dont la langue maternelle n’est pas le français :

BAUDELAIRE

Beau de l’air de la nuit

Beau de la glace de la lune

Beau de l’eau de l’air

Été et hiver beau

Bel oiseau de l’air

Et ma propre traduction vers l’espagnol :

BAUDELAIRE

Bello del aire de la noche

Bello del espejo de la luna

Bello del agua del aire

Verano e invierno bello

Bella ave del aire

Et, en deuxième lieu, le poème ‘L’albatros’ de Baudelaire, parce que Moro fait référence à cet oiseau dans son poème. L’albatros est un oiseau avec lequel Baudelaire s’identifiait. On verra pour quoi dans ses verses :

L’ALBATROS

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage

Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers.

À peine les ont-ils déposés sur les planches,

Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!

Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid!

L’un agace son bec avec un brûle-gueule,

L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait!

Le Poète est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l’archer;

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

La traduction vers l’espagnol est de la version bilingue français-espagnol de Les fleures du mal (Las flores del mal, edición bilingüe de Alain Verjat y Luis Martínez de Merlo, Ediciones Cátedra, Madrid) :

EL ALBATROS

Por divertirse, a veces, los marineros cogen

algún albatros, vastos pájaros de los mares

que siguen, indolentes compañeros de ruta

la nave que en amargos abismos se desliza.

Apenas los colocan en cubierta, esos reyes

del azul, desdichados y avergonzados, dejan

sus grandes alas blancas, desconsoladamente

arrastrar como remos colgando del costado.

¡Aquel viajero alado qué torpe es y cobarde!

¡Él, tan bello hace poco, qué risible y qué feo!

¡Uno con una pipa le golpea en el pico,

cojo el otro, al tullido que antes volaba, imita!

Se parece el Poeta al señor de las nubes

que ríe del arquero y habita en la tormenta;

exiliado en el suelo, en medio de abucheos,

caminar no le dejan sus alas de gigante.

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