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Julie Maroh in London… or writing about women and memoir in comics

[This post is going to be in French and English, because it just didn’t come out in Spanish… it’s weird, but that’s what my fingers wanted to type. English version below. First, en français.]

Julie Maroh and Nicola Streeten at Orbital Comics (London). http://www.orbitalcomics.com

Julie Maroh and Nicola Streeten at Orbital Comics (London).
http://www.orbitalcomics.com

Jeudi dernier j’ai eu la chance de connaître et d’échanger quelques mots avec Julie Maroh. Plus important encore : j’ai eu la chance de lui remercier son travail. Elle nous a montré que les histoires d’amour sont universelles et qu’il ne fait pas des distinctions de race, âge, sexe, nationalité… Et elle nous a montré que les femmes, nous avons une voix au monde de la BD, et qu’il ne faut que de parler pour nous faire écouter.

Jeudi 7 de Novembre, Orbital Comics nous a donné la chance d’assister à une « conversation » entre Julie Maroh et Nicola Streeten. Les deux femmes écrivent et dessinent des bandes dessinées, et leurs apportations étaient si intéressants que j’ai du atteindre jusqu’aujourd’hui pour publier ce post-ci en attendant le podcast avec la conversation intégrale. Mais il n’a pas été encore publié, et donc je publie mon point de vue et mes impressions et plus tard j’ajouterais le lien pour les écouter. Parce que ces femmes ont beaucoup à dire… et à dessiner.

Le plus important, c’est de dire qu’elles nous ont donnée une petit plus d’espoir, car elles ont toujours parlé des chances qui ont les femmes dans ce monde, même si on a pu trouver quelques obstacles. Mais, comme j’ai pu déjà voire et vivre, Julie Maroh a dit plus d’une fois que le marché franco-belge et vraiment différent du marché anglo-saxon. Et je dirais plus encore : le marché européen (lire « l’Europe continental ») est vraiment différent du marché des îles britanniques (je ne connais pas le marché des États-Unis si bien comme ces deux autres, mais il me semble qu’il va être plus proche du britannique que de l’espagnol ou le franco-belge).

« Mais elle est qui, cette Julie Maroh de laquelle elle parle autant ? », vous demanderez vous. Bon, elle est une jeune française qui a écrit, il y a dix ans, Le bleu est une couleur chaude, et qui est devenue célèbre pour son histoire d’amour entre deux jeunes filles… mais non, ce n’est pas ça. C’est ça façon de raconter ce premier amour, ce qu’on sent, voit, écoute, sent… quand on tombe amoureuse/amoureux pour la première fois.

Il commence avec une mort. Et c’est ce sujet, la mort, qui est le protagoniste et qui a fait Nicola Streeten écrire son livre Billy, me and you, sur la mort de son petit fils. Est que c’est déprimant et fainéant ? Si on donne un coup d’œil aux bandes dessinées des dernières années, on a des femmes qui nous parlent des pertes, comme Bechdel dans Fun Home, or Marjane Satrapi avec son Persépolis. On a aussi des hommes qui doivent faire face à la mort, ou à la menace de perdre la personne aimée, comme Frederik Peeters dans Pilules bleues. En Espagne on a notre guerre et le vieillissement, avec les œuvres de Paco Roca ou d’Antonio Altarriba. Mais si on regarde plus en arrière, on a encore plus des livres sur la guerre et la mort, avec Giménez en Espagne ou Joe Sacco au tour du monde. Et, bien évidement, celui qui a commencé tout ça de « bande dessinée (auto)biographique » : Art Spiegelman et ses souris de Maus.

Mais, comme Streeten a bien dit, Le bleu est une couleur chaude « n’est pas une mémoire, mais il a été écrit à la façon d’une mémoire », avec les extraits d’un journal.

Et donc… est-ce qu’écrire une mémoire est plus facile qu’écrire une œuvre de fiction ? À mon avis, il est même plus dur, surtout quand nous voulons exprimer des sentiments ou raconter des expériences très durs de notre passé. Mais aussi, quand on écrit des oeuvres de fiction on joue un petit peu l’acteur ou l’actrice, comme Julie Maroh a dit, parce qu’on doit se mettre sous la peau des charactères pour bien pouvoir exprimer ses sentiments, points de vue et pour garder une cohérence avec leurs façonnes de parler ou même de se bouger.

Aussi, n’importe qu’on parle de fiction ou de mémoire, « au moment qu’il entre dans une libraire », l’auteur pert le contrôle de son « monde ». De nouveau, les mots de Julie Maroh. C’est vraie : dès qu’on écrit quelquechose et ce petit morceau de nous est publié, il ne nous appartient seulement à nous. Il appartient à tous ceux qui le lisent et qui le réinterprétent. Cette idée est vue, étudiée et commentée à l’infini dans les cours de traduction littéraire : le lecteur écrit un nouveau texte chaque fois qu’il lit un texte, même si c’est toujours le même. Les expériences et connaissances qu’il a changent, et doncs sa vision du monde change.

Et des œuvres comme celles de cettes femmes sont plus enclines à changer les lecteurs et à être « changées » par les lecteurs. Ils sont des livres qui parlent surtout des sujets d’intérêt social et politique : la mort, l’homosexualité, les nouveaux modèles de couples et de familles… Tout cela fait l’écriture une tâche difficile, soit fiction ou mémoire.

Et Julie Maroh est en train de travailler sur deux nouveaux albums, et elle vient de publier Skandalon, un « mythe contemporain », comme elle l’a appelé, car « elle est basée sur la mythologie, mais elle est une histoire contemporaine ».

De tout façon, je suis sûre que avec Skandalon, ainsi que avec ses deux autres bouquins pas finis encore (petit teaser : les archetypes des couples, la Moyenne Âge, Londres… on verra quand ils seront publiés), Julie Maroh va donner beacoup de guerre. Elle a encore des batailles à lutter, et elle est jeune, intelligente et a un gros tas d’idées.

Les femmes, on a une voix aussi au monde de la BD.

.-.-.-.-.-.

[English version here.]

Julie Maroh and Nicola Streeten at Orbital Comics. 07/11/2013

Julie Maroh and Nicola Streeten at Orbital Comics.
07/11/2013

Last Thursday I had the chance of meeting and being able to talk a bit with Julie Maroh. More important even: I could thank her for her work. She showed us how love stories are global and how they don’t care about race, age, gender, nationality… She showed us that women have a voice in the graphic novel world, and that we don’t need but to talk to let it be heard.

Thursday, 7th November: Orbital Comics gave us the chance to be present at a “conversation” between Julie Maroh and Nicola Streeten. These two women write and draw graphic novels, and their comments were so interesting that I had to wait until today to publish this post because I was waiting for the podcast with the whole conversation recorded. But it hasn’t been published yet, and so I publish my point of view and my feelings about this event and I’ll add the link later, so you can hear it all. Because these women have a lot to say… and to draw.

The most important thing is to say that they gave us a little bit more of hope, as they talked about the chances women have in this world, even with the obstacles that there are. But, as I had the chance to see and live, Julie Maroh said more than once that the French-Belgian market is really different from the Anglo-Saxon market. I would say even more: The European market )as in “continental Europe”) is really different from the market here in Great Britain (I don’t know the situation at the States as I know these other two, but I feel that it’s closer to the British market than the Spanish or the French and Belgian).

“But who is this Julie Maroh she keeps talking about?”, I see you asking. Well, she is a young French woman who wrote Blue is the warmest colour ten years ago and who became famous for this love story between two girls… But no, it’s not that. It’s the way she tells how that first love is, what we feel, see, hear, smell… when we fall in love for the first time.

The book starts with a death. And is this subject, death, who plays the leading role and who moved Nicola Streeten into writing Billy, me and you, which talks about the death of her son when he was two. Is this depressing or lazy? If we take a look at the graphic novels published these last years, we find women talking about loss, like Bechdel in Fun Home, or Marjane Satrapi in Persepolis. We also have men facing death, or the treath of death over their beloved ones, like Frederik Peeter in Blue pills. In Spain, we have our war and ageing, represented in the books of Paco Roca and Antonio Altarriba. But if we look even further in the past, we are going to find even more books on war and death, with Giménez in Spain and Joe Sacco all around the world. And, of course, the man who started all this “(auto)biographical graphic novel” thing: Art Spiegelman and his Maus.

But, as Streeten said, Blue is the warmest colour “is not a memoir, but has the form of a memoir”, which is the form of a diary.

So… is writing a memoir easier than writing fiction? In my opinion, it’s even harder, and mostly when we want to express feelings or talk about moments that hurt. But it’s also true that, when writing fiction we act a bit like an actor or the actress, as Julie Maroh said, as we have to put ourselves in the place of the characters to be able to express their feelings, points of view and to keep a coherence in the way they talk and even move.

Also, no matter if we are talking about fiction or memoir, “when it comes into a bookstore”, the author loses control of his/her “world”. Again, the words of Julie Maroh. And they are true: from the moment when we write something and that little part of ourselves is published, it doesn’t belong only to us anymore. It belongs to all those who read it and reinterpret it. This idea is endlessly visited, studied and commented when studying literary translation: the reader writes a new text every time he reads a text, even if it is always the same text, over and over again. His experiences and his knowledge keep changing, and thus his vision of the world changes.

And works like those of these women are more entitled to change their readers and to “be changed” by their readers. These books talk mostly about social and political issues: death, homosexuality, the new types of couples and families… All this turns writing into a hard work, let it be fiction or memoir.

Julie Maroh is now working on two other books, have just published Skandalon (for now only in French). Skandalon is a “contemporary myth”, as the author herself called it, because ” it’s based on mythology but it’s a current story”.

Anyways, I’m pretty sure that with Skandalon, as well as with her other two books she is currently working on (teaser: the ideal couple archetype, Middle Ages, London… we’ll see what is all this about when they come out), Julie Maroh is going to keep kicking around. There are still many battles to fight, and she is young, smart and has lots of fresh ideas.

We women have also things to say on the world of graphic novels.

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